mardi 30 octobre 2012

Cold senteur

Un call center ça ne sert à rien d’autre que générer des économies financières par des rats à tableurs pour des cafards spéculateurs, ça emmerde 100% de ceux qui se voient contraints de les appeler à des prix prohibitifs. 
Cette médiocre solution de facilité n’apporte rien aux clients, est une insulte à la notion intrinsèque de service rendu et n’entretient l’illusion d’une relation humaine pour personne.
Sous-traiter tout service dû (de facto) après un paiement client quel qu’il soit (garantie, assistance, commande initiale ou supplémentaire) auprès d’étudiants sous-payés (au mieux) ou de salariés pauvres et non syndiqués dans des pays misérables (et bien pire est possible) : bas, brutal, cupide, méchant, âpre, aigre et désagréable.
A ce sujet, qu’aucune illusion ou faux semblant ne soit affiché avec fourberie servile ou hypocrisie affichée : nous haïssons les call-center à tout jamais, comme l’on déteste les furoncles, les cors aux pieds et les hémorroïdes.
Les maux précités peuvent à la rigueur se soigner, l’épidémie de cette forme de maltraitance du consommateur et maintenant du salarié en entreprise semble bien plus proche des pires maladies mortelles dont l’être humain se voit frappé.
Bon, ça c’est fait.
Maintenant je vais vous causer des meubles à monter soi-même, de la privatisation des services publics, des stock-options, des intérêts débiteurs, de la gloutonnerie financière, du RER qui est arrêté à cause d’une enclume suicidaire, de la météo qui se trompe un jour sur deux, …
Ou plutôt, non. Abordons des sujets ensoleillés.
Pour vos suggestions, merci de téléphoner au 080099999, Amadou ou Liu-Bao seront ravis de répondre à vos remarques, après que vous ayez tapé * puis 4, 1, et # ou pas, ou enter (1€ la minute plus coût forfaitaire indexé).

lundi 29 octobre 2012

Leurre d'hiver

Chaque année ils nous la ressortent du chapeau mou. L’heure d’hiver ? Berk.
Lâchez-nous donc avec ce changement d’heure pénible, irritant, raplapla, moralisateur et hérité des années ’70.
Déboule une nuit d’encre à des horaires qui font passer Paris centre pour Enontekiö (Nord Finlande, à 2 coups de traîneau de la frontière norvégienne) à partir d’un moment antérieur à l’heure du thé au 10, Downing Street.
Horreur, malheur. Vous êtes au bureau, vous sortez étourdi d’une deuxième réunion post-déjeunatoire, vous regardez par la fenêtre et pif, c’est cuit. Ambiance de panne de courant au dehors.
En ces dispensables mois qui se terminent par le sinistre son « bre », vu que la luminosité ambiante est égale à celle régnant dans une cellule ukrainienne (pour ceux qui on a la chance d’avoir une meurtrière), que l’on soit dans le gris foncé ou le noir Soulages, c’est du pareil au même, non ?
Je m’interroge. Si les plantes encore vertes à pareille époque sont supposées exister via la photosynthèse, doivent-elles alors leur survie aux lueurs de génie qu’elles auraient capté chez quelques rares êtres humains qui les frôlent parfois de leur présence tellurique ? Parce que, côté rayons, le soleil est passé chez Merkel, il connaît l’austérité et le sourire est une option payante. L’astre divin est aux abonnés absents, il frétille mais derrière les nuages, il nous fait le coup de la panne. Non seulement il apparaît moins souvent que Prince dans son fan-club d’Utjoski (Finlande, 200 km encore au Nord d’Enontekiö), mais en plus on lui donne des horaires de retraité sous Lexomil, déjà en apnée après le deuxième tour de chiffres, alors que Madame Leblanc vient de trouver 587, avec des combinaisons de 75 fois 8 et de 5 moins 2.
Comment voulez-vous y voir clair ?    

vendredi 26 octobre 2012

Ce cher, ce regretté collaborateur

Message express, top urgent catégorie 1+
A tous les employés de notre Groupe
Nous avons le regret de vous informer que John K. Magnengerd, Senior VP Executive, EMEA Asia Pac., Lunar 1 et 2, Univers, en charge du Marketing,  des Opérations Opérationnelles, des Finances Financières et de l’Outsourcing Outsourcé a donné une nouvelle orientation à sa carrière.
Après 10 ans de succès constants, d’un leadership digne des cas d’écoles des MBA les plus ardus et d’indéniables victoires stratégiques au sein de notre bien aimé Groupe et de ses Filiales filialisées, il a montré le chemin des profits à triple digit tout en conduisant des évolutions évolutionnelles, dans le cadre partagé de notre nouvelle politique globale « CCCP » (customer customer customer, profit). Son souvenir marquera à jamais les réalisations tactico-concrètes de nos marques dont les parts de marché sont en augmentation permanente. Il a été remplacé ce jour, 00h02 GMT+1 (Eastern -3, corrected time, fuseau horaire winter) par Magnerd K. Johnsson, anciennement Ultra Senior Executive Medical Medicines USA, Wyoming, Mars 3 et 4. Notez que Magnerd aura la tâche supplémentaire de restructurer les Départements Recherche et Recherche 2, ainsi que la DOUIL (Direction Organisationnelle Universelle Intramoléculaire Légale).
John a pris cette décision tout seul, en pleine connaissance de cause, avec le sourire. Il était même hier encore en réunion, on buvait un café et tout à coup il me sort… mais là je m’égare.
Si vous avez des questions, gardez-les vous.
Ou écrivez à
DRH outsourcée du Groupe- cellule B125- Bucarest Cedex 1984 (mettre un timbre)
Votre Chef avec un grand C, Hector W.G. Linkerzinaörd
Chairman of the Topboard of Supra Powa, MSC, KL, HG, PCV, DDT, TNT, PCF, ltd.       

mardi 23 octobre 2012

Ha ha ha ha

J’ai été voir une pièce de théâtre magnifique sur la 2ème guerre mondiale, dans une zone de guerre urbaine et j’ai survécu.
Samedi dernier, je partis à l’aventure vers des terres lointaines. Pour un Saint-Germanois qui travaille à Rueil-Malmaison et va le weekend au jardin du Luxembourg, voire Boulevard Beaumarchais, s’exiler à… Aubervilliers est une odyssée ! Aventure à qualifier d’exotique, dépaysante, atypique, décalée et même un peu périlleuse, non ?
16h22. En avant vers la pièce HHhH, prodigieuse adaptation du formidable roman de Laurent Binet, qui se joue (pas de chance) au Théâtre de la Commune de la dite cité, dans le (oh !) 93. Le GPS connaît ? Oui, apparemment.
17h15. Il pleut, il fait gris. Un temps à se jeter sous le RER. Arrivée sur place, les yeux ronds après avoir longé des rues sinistres, des bâtiments condamnés. Tiens ! Des barbus et des femmes voilées option monochrome et  «juste une visière pour les yeux ». Tiens ! C’est un vrai vidéoclip de rap, tant il y a de casquettes NY au square meter. Pas de place pour se garer près du joli théâtre, îlot de culture qui contraste un max.
17h25. Après avoir tourné dans le quartier, et croisé une partie des sosies de Sexion d’Assaut et de l’état major d’Al Qaïda, je me gare devant une porte verte.
17h30 ; Dans le sac de mon épouse se retrouve le GPS. On y va. Ma petite 107 est bien le véhicule le plus menu, 3 rues à la ronde. Festival de Mercedes type « Beyrouth » et de BMW rabaissées. Des mécaniciens attaquent leur travail en plein air.
20h05. Sortons du théâtre, public à 180° du public extérieur. Voiture toujours là. Tiens ! La porte verte ouvrait sur un lieu où des messieurs encore plus barbus sont en prière non stop. Hôô ! Partons d’ici. GPS ? HOME !!
20h50. Retour en 78100.HéHéhéHé !  

vendredi 19 octobre 2012

Joie liquide

Demain, il ne nous restera plus que le bonheur.
Quand la dernière usine aura été fermée. Quand le dernier plan social aura été annoncé. Quand travailler sera devenu une anomalie. Et quand les pauvres, là-bas, auront tous été libérés pour consommer sans filet, sans protection.
Nous lècherons les vitres et les vitrines, tous les parcs et tous les parkings. Nous engrangerons des nuages d'actions, des montagnes de dividendes sous les cieux dorés des frères solidaires qui ont tout partagé, planifié, arrosé.
Enfin, car les richesses sont pour tout le monde. Enfin, car des gares nous ne verrons plus que fumée.
Nous nous aimerons avec qui ? Entre nous comme toujours, avec des plus heureux, contre des bottes de paille, des camions entourés de nuées, de gaz. Contre des murs, des barreaux et des frontières. Une fois Bruxelles adorée, nous serons bienheureux.  Sous les ordres des ministères et des parlements, il y aura de l'or et des diamants.
Ceux qui nous ont aidés, formés, sponsorisés, où sont-ils passés, où sont-ils cachés ? Comment embrasser les instituteurs, féliciter les infirmières, basculer les donateurs, essorer les brasseurs, et décorer les philanthropes ?
Prendre un bateau pour les Îles Moustique et les paradis idéaux lointains, ceux qui brassent les hérauts et les fins, à tire d'aile de tout ratage ?
Aller les aborder, fleur au fusil et trouver quoi ? Des bureaux vides et des ordinateurs déjà déconnectés, un peu de sable et des esclaves libérés?
Etayer la Suisse sur la carte ? Couler Jersey à coups de baisers ? Recouvrir le Luxembourg de bouquets ? Décorer Monaco à coups de brioches et mettre le feu à leur amour fort et leurs princesses en salopette ?
Ou bien oublier tout ça, mettre le volume sur 5 et danser, bouche ouverte, en attendant le bleu ciel ?

jeudi 18 octobre 2012

Extrait sec

Bientôt, il ne nous restera plus que la rage.
Quand la dernière usine aura été fermée. Quand le dernier plan social aura été annoncé. Quand travailler sera devenu une anomalie. Et quand les pauvres, là-bas, auront tous été enchaînés pour travailler sans filet, sans protection.
Nous casserons les vitres et les vitrines, tous les parcs et tous les parkings. Nous maudirons les nuages d'actions, les montagnes de dividendes et les cieux dorés des vers solitaires qui ont tout croqué, bouffé, ratiboisé.
En vain, car les richesses ne sont plus de ce monde. En vain, car des cigares nous ne verrons plus que fumée.
Nous nous battrons contre qui ? Entre nous comme toujours, contre des plus malheureux, contre des cottes de maille, des camions blindés et des nuées de gaz. Contre des murs, des barreaux et des frontières. Une fois Bruxelles brûlée, serons-nous bienheureux ? Sous les cendres des ministères et des parlements, il n'y aura pas d'or, ni de diamants.
Ceux qui nous ont trahis, volés, vendus, où sont-ils passés, où sont-ils cachés ? Comment torturer les traders, faire dégorger les banksters, émasculer les boursiers, essorer les huissiers, éviscérer les financiers ?
Prendre un bateau pour les Îles Caïman et les paradis fécaux lointains, ceux qui brassent les 0 et les 1 à tire d'aile de tout partage ?
Aller à l'abordage, sabre au clair et trouver quoi ? Des bureaux vides et des ordinateurs déjà déconnectés, un peu de sable et des esclaves résignés ?
Rayer la Suisse de la carte ? Couler Jersey à coups de canon ? Recouvrir le Luxembourg de crachats ? Détacher Monaco de la côte à coups de pioche et mettre le feu à leurs coffres-forts et leurs princesses d'opérette ?
Ou bien oublier tout ça, mettre le volume sur 10 et danser, mâchoires serrées, en attendant le dégel ?



mercredi 17 octobre 2012

Estival you can

Automne, Hiver, au pied ! Restez au garde-à-vous, bronchez pas. Non mais, vous n’avez pas fini de faire braire la moitié de l’humanité ? Je crois que j’ai vraiment fait une connerie en vous créant, je devais être crevé, vous étiez sur la copie du 6ème jour, celle où j’ai laissé plein de trucs nazes et au brouillon.
Automne, regarde-toi ! Tu tiens les températures d’Eté 15 jours à l’arrache et tu commences à pisser dru sur la tête des pékins. Un coup de froid à peine les gosses rentrés à l’école et  les voilà la goutte au nez et les parents avec des mines de craie. Crac, tu rognes sur la durée d’ensoleillement, tu te gênes pas pour balancer du nuage à tire-larigot ! Tu fais des heures courtes, petit faux-cul, et en plus grises !
Le « je mets des jolies couleurs aux feuilles des arbres, lalali lalala » ? Mais c’est un coup de Tartuffe de compète ! Tu les arraches à coup de blizzard dans la foulée et puis tu ne te prives pas de faire geler à l’aube, hein mon cochon. Comme ton pote, là…
Hiver ! Sale vicelard.  Alors, toi, on te retient. Froid et mauvais, hypocrite comme pas 2, toujours prêt à empiéter sur le quota de mon petit Printemps, qui n’ose pas moufter, mignon comme il est. En revanche, la couleur, c’est pas ton fort. T’as eu une méga-promo chez Valentine sur le blanc, ou c’est moi qui divague ? Question emmerdements il nous sort le grand jeu, pépère : congères, verglas, neige, flocons, glaciers… Si tu entres à Beaubourg, on va te caser au rayon des monochromes.
Alors voilà, les 2 petits ratés. Vous êtes privés de sortie ad lib, on va dire que vous prenez perpète. Maintenant, ça va être Printemps, Eté, Printemps, Eté. Basta.
Nom de Moi, ça va détendre l’atmosphère chez les humains, ils ont déjà assez l’occasion de se taper sur la tronche.