mardi 20 décembre 2011

Un compte de Noël

Le Père Noël, un stagiaire finlandais et non payé, somnolait dans son traîneau, tiré par des rennes pakistanais (en fait c’étaient des poneys avec des cornes en faux bois, attachées par des élastiques made in China donc pas super solides).
« P**** ! se disait-il (je traduis du finlandais)
Encore 25470 maisons à visiter, des I-phones, des I-pads, des I-mitations et des DVD des Ch’tis à distribuer, sans oublier ces jeux vidéos avec des soldats US qui flinguent à tout va et des hélicoptères filmés au ralenti qui les survolent ».

Il était fatigué, car il avait enchaîné ce stage avec un autre (mais payé celui là, en bons d’achats presque périmés de la coopérative des chaussures tchèques en solde).
En fait il s’endormit, garé entre deux antennes relais cancérigènes, sur le toit d’un HLM gris avec 25% de taux de chômage des moins de trente ans à l’intérieur.

Jean-Jaurès lui apparut, flanqué de Trotski, de l’Abbé Pierre et Mère Térésa.
« Fils de la glace et du vent du Nord, lui fit le bon barbu, tu dois te réveiller et porter la bonne parole aux petits n’enfants. S’ils ne prennent pas conscience de leur condition de prolétaires exploités par les cruelles world companies et les gouvernements de rencontre qui ont pu capituler comme dirait De Gaulle, alors tout est foutu ! On est reparti pour les conditions sociales d’avant 1901 ! »
« Mais comment faire ? » l’interrogea notre maigre stagiaire de rouge vêtu.
« N’aie crainte, nous avons téléchargé, c’est comme ça qu’on dit, une appseu dans tous ses hygiaphones que tu charries, la bonne parole sera transmise au Peuple. Vas et fais ton devoir, petit soldat des Libertés ! »

Et c’est ainsi que tous les smart phones de Noël permirent à chacun de s’équiper très correctement pour la grande Révolution qui suivit.

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