samedi 24 mars 2012

Géronterroriste

Au bar d’un grand hôtel de la capitale, je lis ce quotidien qui relate ma traque par toutes les polices du pays. Trois ans que je suis à la retraite et pas un moment d’ennui, bien au contraire. Quelle bonne idée que de devenir l’ennemi public numéro 1 : ce hobby me fait rajeunir chaque jour un peu plus.
Alors, bien sûr, j’ai bien préparé mon projet. Une année entière pour tracer mes plans, mes objectifs, acheter du matériel de qualité et me documenter de façon appropriée. Mais, à la retraite, on a du temps, vous savez. Pour ce qui est de ma sécurité et de ma discrétion, pas un octet qui ne dépasse, pas un déguisement qui ne soit de mauvais goût, pas un trajet qui ne soit sûr et repéré.
J’ai délimité mes actions par certains principes : ne tuer personne, en blesser très peu. Frapper des lieux symboliques, faire du bruit. Bien communiquer auprès des média, fournir des documents de qualité (images HD, revendications simples et furieuses, symboles évidents).
Rappel de mes réalisations : un bâtiment du Ministère XX soufflé, un sommet international arrêté en session plénière, plusieurs Airbus évacués en panique, deux aéroports paralysés, trois villes bloquées pendant une poignée d’heures et une dizaine de bombinettes bruyantes et non létales posées  avec pertinence. Vingt blessés légers, je m’en veux juste pour un policier qui est devenu sourd (pas un mort quand même !)
Ma création, mon avatar, mon double virtuel : Modammad Al Nioppotr a signé tous ces micro-attentats fâcheux et les a revendiqués clairement à chaque fois (fautes d’orthographe incluses).
Aucun journaliste n’a découvert que Pipotron est l’anagramme de Nioppotr, j’en ris encore.
Garçon, un café s’il vous plaît.
Tiens, ce n’est pas le ministre qui vient de rentrer dans le hall à l’instant ?

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