mardi 3 avril 2012

Après-coup

Dès que le tueur en série, ou le « forcené » ou le jeune homme « bien connu des services de police » a fini son mortel forfait et a été liquidé, alors commence toujours un show des autorités et des médias que l’on peut qualifier de guignolesque.
Quartier bouclé, densité formidable de voitures de police, grouillement d’hommes du RAID, du SWAT, du GIPN et des polices spéciales dont vous n’aviez jamais entendu parler. Les douilles sont prises à la pince à épiler. Les cheveux passés au tamis.
Arrive alors, trompettes et tambours, et  à grand renfort de préfets, adjoints, sbires tristes et assistantes de communication surbookés… le Ministre ! Caméras, radios et le car-régie est garé en double file. Envoyé spécial au Journal de 13h00, et redite au Journal de 20h00 (le même plan fixe, mais là, hé bien c’est la nuit, coco). Nouvelles en boucle qui n’ont aucun contenu, aucune matière supplémentaire à ce que vous avez lu dans une dépêche AFP et tient en 3 lignes.
Le bon peuple met des bougies, des fleurs, des portraits et des nounours et bien sûr ne savait rien, mais rien du tout au sujet de ce type qui habitait là depuis 20 ans et a défouraillé avec sa Kalachnikov en criant des insanités. C’est ballot, non ?
Re-sortie et patrouilles d’hommes en noir très (mais très) nombreux, cagoulés, forcément cagoulés. Bien armés, l’œil féroce scrutant un danger qui se conjugue au passé décomposé. Des fois que…
Le coupable est déjà refroidi et vogue vers le Paradis de son dieu vengeur, les victimes ne reviendront plus et on pourrait balayer un peu plus vite le trottoir. Mais non, il semble qu’une forte agitation post-trauma soit absolument nécessaire.
Et tout ça…avant le drame ? Non, là ce n’aurait pas été possible, mon brave Monsieur !

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