lundi 27 février 2012

Miles and Blues

Dans le hall du grand hôtel international, il y a des tableaux abstraits avec des carrés et des ronds. La porte tambour tourne, des voyageurs entrent, encore un peu froissés par leur séjour en avion. Ils passent vite, avec leurs valises et leurs roulettes, devant des grands canapés inoccupés. Dans ces espaces impersonnels, le plafond est haut, les miroirs un peu effrayants et le son rebondit sur les murs. On rentre, on sort, et on veut prendre sa chambre tout de suite.
On est pressé au début du séjour et encore plus à la fin. Au milieu, il y a des moments suspendus, entre deux réunions, des creux où l’on est songeur. Dans la chambre au lit si large, la télévision locale donne des couleurs aux avenues brillantes que l’on voit de son 19ème étage et des visages à la vieille ville, parfois si loin de nous.
La fenêtre à triple vitrage est condamnée et le minibar propose les mêmes cacahuètes partout en Europe. Quand on zappe vers CNN et la BBC, l’information lisse déroule son flot de conflits calibrés et de résolutions tièdes de l’Onunuche.
Allongé sur le grand lit et la cravate défaite, on pense à l’avenir, un peu et au passé, beaucoup. France 24 est en sourdine, c’est déjà mieux que CNN.
La sonnerie du téléphone portable retentit, je m ‘étais assoupi, un peu froissé par ce séminaire qui n’en finit pas. Dans 10 minutes il faudra être en bas, dans le grand hall qui résonne, prêt à commenter dans un anglais convenu la météo, les résultats sportifs internationaux ou la dernière rumeur de rachat du Groupe. Nous allons dîner.
Parfois, la discussion s’échappe et on découvre un lecteur de Borges, un admirateur des Smiths ou un peintre amateur de tableaux abstraits avec des carrés et des ronds.
On rentrera à l’hôtel, fatigué.
Tomorrow, un autre meeting.      

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