vendredi 17 février 2012

Si près

Ils sont arrivés sans prévenir et ils ont cherché partout. J’ai été questionné longuement, j’ai livré ma version, l’air sincère et sans perdre mon calme. Les fichiers ont tous été scannés et copiés, les disques durs fouillés jusqu’au moindre octet. Quand j’ai vu arriver Bruno, encadré par deux d’entre eux, il n’a pas cillé et nous avons échangé un salut froid et formel. Ils continuaient à racler les tiroirs, à questionner et à mettre tout sens dessus dessous. Cela a duré des heures, j’ai bu un ou deux cafés et suis resté assis sans trop bouger, gardant mon sang froid. Ils s’énervaient par manque de résultats et les interrogatoires se sont poursuivis tard dans la nuit. Une autre équipe est venue renforcer les premiers, habillés de façon très différente, on voyait qu’ils appartenaient à une catégorie supérieure. En plus d’avoir allumé toutes les lampes, ils portaient des torches spéciales, dont ils ont promené les faisceaux sur les choses et les gens.
Le bruit était épuisant et la température élevée dans toutes les pièces, mais nous n’avons pas sombré. A aucun moment, l’un d’entre nous n’a craqué.
Tard dans la nuit, Alice a croisé mon regard, l’espace d’une seconde et nos visages sont restés de marbre. L’un d’eux s’est alors approché de moi et m’a longuement observé.
Je suis resté sur ma chaise, les bras croisés, observant le sol avec une attention soutenue. Un peu de sueur perlait sur mon front, mais j’ai pensé à la mer, si bleue.
Ils n’ont rien trouvé. Pas un indice, pas le plus petit commencement de preuve.
Nous n’avons pas poussé de cris de joie, même longtemps après qu’ils aient vidé les lieux, rageurs et vindicatifs. C’est un bon trimestre après que sommes partis pour de bon.   
Ils étaient passés juste à côté … à deux doigts, à rien du tout.      

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