mercredi 23 mai 2012

Remède, alors

Fruit d’un développement finalisé presque en cachette, le Boduxil ©, formule injectable, fut lancé par les Laboratoires Serline and Glounz avec une indication confidentielle dans la  polo-arthrite rhumatoglobulase. Au bout d’un an, sa réputation prodigieuse avait fait le tour du monde et de tous les services hospitaliers.
Les patients, pour la plupart connaissaient une rémission spectaculaire et l’on vit des octogénaires autrefois fourbus se remettre au triathlon. Ce succès médical ne s’arrêta pas là ; il fut constaté que ses bienfaits s’étendaient pour les pathologies cardio-vasculaires, des troubles de la mémoire et du dysfonctionnement érectile. Les autorisations de mise sur le marché se multiplièrent, car, autre caractéristique du Boduxil ©, il n’avait aucun effet secondaire connu, même après avoir été utilisé par trois millions de patients, seulement 18 mois après son lancement. Pour faire court et simple, ce médicament possédait une efficacité incroyable pour un nombre de pathologies, de fait, inconnu.
Dès lors, la valeur de l’action Serline and Glounz quintupla tous les 6 mois, et son chiffre d’affaires fut multiplié par 20 ou 25, on ne sait plus très bien, lors de la fièvre qui s’empara des médecins pour le prescrire. Chaque semaine ou presque, une nouvelle maladie se trouvait en passe d’être rayée de la nomenclature, car le Boduxil© y mettait un terme assez rapidement.
Malaria, fièvre jaune, dengue, tremblante du mouton et maladie d’Alzheimer furent bientôt de lointains souvenirs.
C’est alors que le tout premier malade traité, dans un petit hôpital de Lincoln, Nebraska pour sa polo-arthrite rhumatoglobulase se mit à décoller légèrement du sol, léviter de façon permanente à 1.7 cm du sol et à parler dans une langue qui n’existait pas.  
 

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