mardi 19 juin 2012

Au sujet du Chronomonophone © (1/2)

L’invention de Bill T. Swindon permettait après des réglages adéquats de capter des sons venant du passé. Cet outil devait constituer une source de renseignements inespérés pour les historiens. Une section spéciale du Ministère de la Culture fut même créée pour maximiser les fouilles sonores. On appelait cette section, le DGO, soit, le « Département des Grandes Oreilles » à cause de la forme des capteurs et des déformations physiologiques engendrées par leur usage répété. Après 25 recherches, un technicien devait se reposer un mois et passer en chirurgie esthétique afin de redonner forme humaine à ses appendices auditifs.
Il était indispensable de bien positionner son Chronomonophone © afin d’obtenir un résultat probant. A hauteur d’homme, dans un bâtiment ou une pièce qui existait déjà lors de la période étudiée (ou plutôt écoutée). Il fallait régler la date et l’heure, l’angle de visée et espérer qu’il s’était dit quelque chose d’intéressant à ce moment là ! Plonger dans le passé et chercher des dialogues pertinents est comme lancer un casier à la mer : attraper un beau homard n’est pas facile.
Pour des raisons inconnues, la durée des enregistrements était limitée à 3 minutes 26 secondes et jamais plus, même dans les versions 4 et 5 du Chronomonophone ©, à piles Nuke ++
Ils furent familièrement appelés Chro-Fun par les jeunes de ses utilisateurs, car ils eurent à trier des données étranges (outre des silences interminables, des raclements de gorge, des soupirs et des bruits de fond allant du tumulte d’une bataille à la vaisselle de cuisines).
Certains murmurèrent qu’à 1 million de dollars pièce, plus la logistique, le SAV et les employés dédiés, cela faisait cher pour confirmer que le passé était une bien ennuyeuse période.

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