mardi 12 juin 2012

Nano-pouvoirs

Ralf Snorton ronflait comme un sonneur mais il suffisait à son épouse de prononcer les mots « Crumble, Fish, Salt » pour qu’il arrête à la seconde.
Alice Berton avait un parapluie noir auquel il manquait une baleine. Quand Alice le prenait au bureau et le plaçait à droite de sa corbeille à papier, il ne pleuvait pas certains jours de novembre.
Phil Donizetto ne renversait jamais de nuôc-mam sur la nappe blanche des restaurants vietnamiens, ni de vinaigre balsamique dans les gargotes siciliennes.
Quand il se tenait devant un rayon de supermarché, cherchant un article précis, Fernand Logé ne voyait quelqu’un se placer juste devant lui qu’une fois sur quatre !
Le sèche-cheveux de Marie-Véronique de Pont-Sailly pulsait de l’air chaud même si son pouce appuyait sur le bouton avec le pictogramme qui représente un simple ventilateur.  
Marc A. Villiers pouvait fermer les 7 boutons  de sa chemise blanche sans se tromper une seule fois et enfiler une ceinture dans son pantalon gris sans manquer un passant.    
Quand Aurélie Kruger montrait un pigeon du doigt pendant 11 secondes consécutives, le volatile s’envolait ou partait en se dandinant dans une direction opposée (pourvu qu’il ait été à terre).
Ginevra Fontanelle n’était jamais arrivée à une seule réunion avec moins de 9 minutes de retard depuis six ans et elle avait eu 2.13% d’augmentation salariale l’an passé.
Si le téléphone portable Nokia 6589 éraflé de Jean-Jacques Dufort se mettait à sonner le matin, il tapait dans ses mains et la sonnerie (« Oh When The Saints », par George T. Philips JR.) stoppait au bout d’environ 35 secondes.
Matthieu Willhelm ne pensait jamais à l’air entêtant de La Danse des Canards ; ainsi, il ne l’entendit pas une seule fois de 1992 à 2017. Et seulement 8 fois de 2017 à 2025.

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