mercredi 20 juin 2012

Prude homme

Hôtel Sharilton, chambre 251, Berlin, 27 juin, 18H45
Patrice Goujon-Leduc s’essuie le front. Il est en sueur. Il n’en peut plus. Et la clim’ qui a lâché, il fait au moins 30 degrés dans la chambre. Mais il va le faire. Il s’arrête, il repense aux risques encourus. Dans une boîte US, ça ne pardonne pas. Il risque le licenciement direct. Et si un audit lui tombait dessus ?
Mais ce séminaire a duré longtemps. Allez, il s’avance et, non ! Il repense à la directive 5 et à 8b et aussi au Code des Comportements Clés à Mollette qu’il a signé, après ce team building où il avait marché sur des veaux braisés tout en chantant l’Hymne des Cadres : «  tu feras bien attention, car ce pognon c’est ton pognon… etc. ».
 Sa conscience le fait douter, alors qu’il s’apprête à commettre l’irréparable.
Hôtel Sharilton, chambre 251, Berlin, 27 juin, 21H56
P G-L va craquer. Au mépris des économies demandées par le CFO Worlde Waï-2. Sans rester dans les limites absolues du sacro-saint budget 2012-2134 qu’il avait juré d’atteindre ? 31 degrés !
Il ouvre le minibar de sa chambre, décapsule une bouteille de bière et la boit goulument, presque d’un trait. La somme de 3 euros 85 va donc être ajoutée à sa facture de note de frais, de façon injustifiable (cf. la procédure Hakuir, SOP 34).
Abattu par ce lourd péché, il ne dort pas de la nuit. Au petit matin, une idée lumineuse lui redonne le sourire. Il se lève d’un bon, urine dans la bouteille, repositionne la capsule avec soin, la replace dans le minibar.
Hôtel Sharilton, réception, Berlin, 28 juin, 07H45
P G-L invective l’employé avec force afin qu’il annule la consommation facturée par erreur sur sa facture. Sauvé.

Hôtel Sharilton, chambre 251, Berlin, 29 juin, 18H45
Helmut Ganzen s’essuie le front. Il est en sueur. Il n’en peut plus.

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