jeudi 27 septembre 2012

Mauvais sort

Platan Germanovic, l’ailier norvégien et buteur émérite, avait été recruté à grands frais par le Club de la capitale. Ses propriétaires,  2 milliardaires chypriotes, voulaient voir leur équipe enfin se classer au sommet.
Grand, arrogant et inarrêtable, il commença à marquer des buts. Lors de chaque match, il scorait ou faisait une passe décisive.
Il devint la terreur de la ProLigue 1, ajoutant un impact psychologique victorieux à la discipline de fer imposée par l’entraîneur espagnol charismatique
Le Club se retrouva dès la mi-saison premier du classement, avança dans la Coupe d’Europe sans difficulté, gagna les 1/8èmes de finale de la Coupe Nationale avant Noël. Tout souriait à cette équipe, motivée par son joueur vedette, qui déclara au Sport : «Platan venir, Platan jouer, Platan gagner tout ! »
Rendus fous de rage par ce succès, les entraîneurs d’une grande ville du Sud, d’une métropole du Nord et d’un ex-champion du Centre se réunirent secrètement et réfléchirent à des plans destinés à faire cesser la de gloire sur leur rivale.
Embaucher un serbe casseur de genoux ? Une bimbo dévoreuse de mariage ? Prendre en otage son père resté au bord d’un fjord glacé ? Ils hésitèrent.
La veille du Nouvel An, un jour glacial, Germanovic arriva au terrain d’entraînement, faisant crisser les pneus de son Hummer 5 sur le parking verglacé.
Entouré de journalistes, il déclara : « Platan s’entraîner, Platan en forme, Platan ga… » et il glissa sur une plaque de verglas.
Il chuta et sa tête heurta durement le (très large) pare-chocs de l’énorme 8X8.
Il se releva, un peu étonné et déclara aux caméras : « Platan pas mort, Platan tête acier, Platan planter chaque coup «. 
Ouf !
Mas il ne marqua plus un but de sa vie, se prenant désormais pour le jardinier du stade.

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