samedi 1 septembre 2012

Merci Conrad Joseph

Lord Jim est avec moi depuis cet été, et ça c'est fort comme un tempête tropicale.
Il y a des livres légers, des thrillers pour passer le temps et de gentils « Poche » rapidement lus et il y a les grands bouquins. Avec Tuan Jim, aka James quelque chose, on traverse les mers, les archipels et les lagons pour arriver au meilleur de la littérature.
Ici , c'est la stratosphère des écrits, la crème de la crème, la première division du papier relié depuis Gutenberg et il n'est pas question de relégation dans cette catégorie là. Clasico oui, mais top niveau les amis. Chapeau bas, respect du monument et des morts.
Riez vert, ceux qui ne l'ont pas lu, et souriez avec moi d'un air entendu ceux qui font partie des initiés. Les premiers feraient bien de se le procurer vite fait, de s'asseoir calmement et de partir en voyage au moins 500 pages.
Attention, il faut souvent s'arrêter, réfléchir, voire relire des phrases et s'interroger sur la profonde vérité du récit et de la description de ce jeune homme, si peu ordinaire. Embarqué, pour sûr matelot !, dans des aventures si peu ordinaires.

Mais je suis triste de cette horrible fin, M. Conrad, pourquoi tant de noirceur et de jusqu'au boutisme ? J'ai eu le blues pendant de longues heures, aussitôt la dernière page parcourue. Putain de pirates, ivrognes et renégats des mers qui viennent semer mort et désolation dans les ultimes chapitres. Ce côté « on n'échappe pas à son destin », abominablement fatal et si humain, cela vous remet les idées en place.
Après avoir absorbé un tel chef-d’œuvre, tel un boa qui vient d'avaler un mouton entier, je me prescris un régime de polars nordiques pendant au moins une quinzaine. C'est bio, c'est froid, les cadavres sont bien découpés et ça repose un peu.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire