jeudi 4 octobre 2012

Fourrière derrière

Le préposé aux enlèvements de véhicules se frottait les mains. Un Peugeot 107 jaune, avec une roue sur l’emplacement livraison, un méchant PV sur le pare-brise et un sms pour le prévenir d’arriver vite. Un pigeon mal garé, une voiture à emporter vite fait. Une nana ? Ouarf. Pas de petits profits pour la dépanneuse qui ne dépanne personne.
Il arriva sur place, saluant la contractuelle qui salissait les pare-brise dans le secteur, distribuant les papiers verts comme les baffes à la maison.
« Salut Janine, merci pour… c’que tu sais », lui lança-t-il au passage, avant de se garer le long de sa prochaine victime à 4 roues. Prêt à la faire se balancer au moyen de son palan et l’emporter vers le sale dépôt.
Il sortit dans la fraîcheur de la soirée, posa les sangles autour de la Peugeot et s’apprêta à appuyer sur les boutons du treuil électropneumatique.
Il sentit un contact froid dans son cou et entendit une voix grave lui murmurer, très calmement :
« Tu restes zen et tu détaches cette voiture gentiment. Un ‘45 ça fait des trous larges comme des assiettes.»
Son sang se glaça et il s’exécuta comme dans un rêve, apercevant celui qui lui avait parlé. Un homme grand et mince, imperméable noir, lunettes et chapeau de la même couleur. Dans sa main gauche, un impressionnant revolver bleu acier.
Puis l’homme lui dit : « Mains dans le dos ! », lui posa des menottes, lui scotcha la bouche avec un adhésif large, le fit monter sur le plateau de la dépanneuse et s’y coucher. Les yeux écarquillés, il vit arriver Janine, menottée et bâillonnée, précédant tête basse un parfait jumeau de celui qui le menaçait.
Elle le rejoint, agenouillée à sa gauche. Ils tremblaient tous les 2.
«Et si on foutait le feu au camion ? » demanda le premier des tueurs à son frère d’armes.  

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