lundi 5 novembre 2012

Further

Un matin de décembre 2029, je me promenais rue de Rennes, à Paris. Il pleuvait, j’écoutais la chanson Dead Souls de Joy Division sur mon e-mp3. Implanté dans mon oreille interne, l’appareil diffusait selon mes désirs la musique que je choisissais. Un clignement de paupière servait de validation à un menu qui défilait en 3D dans un champ de vision superposé sur mes rétines à la grise réalité parisienne. J’avais opté pour volume maximum.
Troublé par la puissance de cette chanson, je dus m’arrêter de marcher. Je m’appuyai contre un pas de porte, étourdi.
Je pense avoir perdu connaissance un moment, car je rouvris les yeux, me retrouvant, assis et épuisé. Plus de musique. Silence autour de moi.
Interloqué, je réalisai être dans une rue que je ne connaissais pas. Un environnement inhabituel. Du fracas d’une artère parisienne, me voilà au milieu d’une petite rue, bordée de maisons en briques ?
Quartier prolétaire. Ciel bleu.
D’un bond je me levai et fus frappé par les voitures tout autour.
 Un design d’il y a au moins 50 ans ! Les plaques d’immatriculation ! Britanniques, je les reconnus sans mal. Je hélai une passante, femme âgée engoncée dans un manteau à carreaux, l’air renfrogné : « Madame, excusez-moi ! Mais où sommes-nous ? » Elle me regarda d’un air hébété et répondit : » Been drinkin’ too much, hey luv’ ? ». Un accent à couper au couteau.
En Angleterre ? Quand ? Où ? Quel était ce sortilège ?
Je me précipitai au bout de la petite rue, vers un pub, y entrai et scrutai chaque détail, l’esprit en feu, les jambes tremblantes. Au mur, un calendrier indiquait une date impossible : 17 Mai 1980.
Buvaient au comptoir, jeunes et minces, le guitariste et le bassiste du plus grand groupe que Manchester aie produit.
Il me restait quelques heures pour empêcher un drame.

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