mardi 6 novembre 2012

La Horlu (partie 3)

Dans ma chambre, en cette fin d’été, je faisais semblant de chatouiller ma tablette tactile quand je l’ai sentie, penchée au dessus de moi, effleurant de son index le menu principal d’un jeu en ligne ; elle était là, je pouvais presque sentir les vibrations d’hilarité qu’elle générait. D’un bond vif je me levai et me retournai et fus devant le grand miroir de mon armoire. Vision incroyable. Mon propre reflet avait disparu, laissant place à une série de couleurs, mélange d’arc-en ciel et d’irisations. Oui, Docteur, cela dura 3 secondes et mon reflet revint peu à peu, comme on voit la surface inversée de l’eau réapparaître en remontant d’une plongée sous-marine. Autant dire que je finis en larmes, tant le fou rire qui m’agita fut long et intense.
La Horlu était bien là, prête à la légèreté et la farandole. Le règne de l’homme morose est terminé, je vous l’assure. J’ai appris aussi qu’au Brésil, des crises de bonne humeur généralisée sont signalées dans tous les ports du pays ? Je comprends mieux pourquoi ce cargo noir m’avait semblé  si amusant ; La Horlu avait dû en débarquer pour venir apporter joie et distraction vers mon humble personne. L’homme est dépassé par des créatures nouvelles, invisible mais ne manquant pas d’esprit, si je puis dire…Et comment, Docteur, vous dites que j’ai mis le feu à ma villa il y a un mois ? Et je suis interné depuis lors, et ne cesse de distraire toute votre équipe, ainsi que les plus déprimés de vos patients ?
 Mais c’est terriblement drôle, ce que vous dites.     
 

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